
Bienvenue dans cette nouvelle édition de La Veille. Au sommaire aujourd’hui :
🤖 M6 mise sur l’IA pour faire 80 M€ d’économies d’ici 2030

© UHF
Face au repli du marché publicitaire et des résultats 2025 en baisse, le groupe M6 a annoncé ce mardi « un plan d’économies de 80 millions d’euros à horizon 2030 », soit 8 % des coûts du groupe d’ici cinq ans.
Dans son communiqué aux investisseurs, M6 dit vouloir effectuer ces coupes à travers « l’optimisation des coûts de production » et « la réduction de[s] coûts techniques ». Le groupe mise pour cela sur « les progrès de l’intelligence artificielle dans notre secteur », officiellement pour réinvestir dans les programmes et la technologie.
Dans la foulée, M6 a annoncé une dizaine de nominations en interne, afin d’implémenter la présence de l’IA « en conjuguant efficacité opérationnelle et excellence créative ». Au-delà de la question des recettes publicitaires en baisse, ce plan de transformation – présenté comme nécessaire – interroge.
Malgré l’abandon du projet de fusion TF1 / M6 en 2022, leurs dirigeants n’ont cessé de réaffirmer son utilité. Depuis sa nomination, le PDG du Groupe M6 David Larramendy essaye de faire sauter les verrous empêchant la vente du groupe. Un rapprochement encouragé par plusieurs concurrents, dont encore Maxime Saada (Canal+) la semaine dernière au Sénat.
Début janvier, les députés votaient un amendement au projet de loi de finances, réduisant les recettes du CNC au profit des chaînes de télé, mais surtout de M6. Un amendement ardemment défendu par Larramendy, qui aurait fait l’objet « d’un très intense lobbying de M6 auprès des députés RN, ouvertement hostiles à la fois au CNC et à France Télévisions ».
Au-delà de leur apparente nécessité, ce plan d’économies et cet amendement peuvent être perçus comme une manière d’« habiller la mariée » : autrement dit, maximiser la valorisation du groupe avant son éventuelle vente.
🇧🇪 La faillite d’un acteur historique du cinéma belge

Séisme dans le cinéma belge. Belga Films, premier distributeur indépendant du Benelux et plus ancien distributeur belge en activité, a été mis en faillite jeudi dernier.
Belga Films avait été fondé en 1937 par Elyse Tobback. Spécialisé dans la distribution de films internationaux en Belgique (Le Cercle rouge, Paris Texas, La Leçon de piano), Bertelsmann était entré au capital de Belga en 1998, parallèlement au rachat de SND en France. Repris par un des héritiers de Tobback en 2010, Belga Films avait multiplié les accords avec EuropaCorp, Summit/Lionsgate, Studiocanal ou encore Gaumont, accompagnant de fortes licences (Hunger Games, Twilight, Taken) en Belgique.
La société gérait le cinéma White à Bruxelles – désormais fermé – et distribuait une quinzaine de films par an. D’après son dirigeant, la faillite de la société est due aux problèmes de trésorerie de son cinéma. Dans la région bruxelloise, la fréquentation a chuté de 30 % depuis 2019 et de 40 % depuis dix ans. En parallèle, la société de distribution a connu une baisse de 30 % de ses revenus depuis 2019 et une hausse de ses charges de 19 %, la plupart des salaires belges étant indexés sur l’inflation.
Avec cette faillite, des dizaines d’emplois sont menacés : 20 chez Belga Films et 13 dans la filiale White Cinema, selon Le Soir.
Plusieurs filiales échappent à la faillite : Belga Studios, reprise à 50 % par le dirigeant Patrick Vandenbosch et à 50 % par Umedia ; et Independant Films, société de distribution néerlandaise rachetée en 2022.
Vandenbosch compte poursuivre dans la distribution de films au Benelux via Independant Films, qui a récupéré les droits de Marty Supreme initialement acquis par Belga Films, voulant profiter de l’agilité de la structure et d’une législation néerlandaise non soumise à l’indexation automatique des salaires.
📬 Les brèves de La Veille
Warner officialise ses discussions avec Paramount. Warner donne jusqu’à lundi prochain à Paramount pour présenter sa « meilleure et dernière offre » de rachat. De son côté, Netflix dénonce une « distraction » et assure disposer du seul accord ferme recommandé par le conseil, en pointant les risques réglementaires et d’endettement de Paramount. Le vote des actionnaires de Warner est fixé au 20 mars. (TheWrap)
Pathé accélère dans le premium. En 2025, près de 12 % des 31,6 millions d’entrées réalisées par Pathé en France l’ont été dans ses salles haut de gamme (fauteuils plus confortables, innovations technologiques), rajeunissant leur public. Pathé prévoit trois nouveaux cinémas entièrement premium en 2026 : le Pathé Seguin à Boulogne, le Pathé Disney Village et le Pathé Archamps, à proximité de Genève. (Boxoffice Pro)
Universal Studios ferme sa filiale australienne. Universal International Studios met fin aux activités de Matchbox Pictures (The Slap, The Survivors) fondée il y a 18 ans, supprimant plus de 60 postes et abandonnant ses bureaux de Sydney et Melbourne. Un choc pour l’industrie australienne qu’Universal justifie « à mesure que les priorités stratégiques changent », préférant choisir ses futurs projets au cas par cas. (Guardian)
CNews continue sa radicalisation. Pour remplacer Jean-Marc Morandini et Sonia Mabrouk, la chaîne du groupe Canal+ lancera dès lundi une nouvelle émission : 100 % Frontières. Oui, « Frontières » comme le nom du journal d’extrême droite identitaire, dont le directeur de la rédaction sera chroniqueur quotidien, accompagné d’autres journalistes stars des médias Bolloré. 2027 se prépare. (Le Parisien)
➕ de Veille
Après les mises en demeure de Disney et Paramount, Warner et Netflix attaquent également Seedance 2.0, l’IA vidéo de ByteDance (Deadline)
Mediawan rappelé à l’ordre par l’inspection du travail pour cesser de faire jongler ses techniciens entre les filiales Maximal et Troisième Œil (La Lettre)
Bolloré exerçait-il un « contrôle de fait » sur Vivendi ? La cour d’appel de Paris réexaminera la scission du groupe le 22 mai ; des milliards en jeu (CB News)
L’Arcom va juger un podcast pour la première fois ; celui-ci a fait l’objet de saisines suite à des propos homophobes, misogynes et racistes (Le Monde)
Le Monde, Le Figaro et Mediapart concentrent 70 % des abonnements numériques aux médias nationaux d’informations générales (Mind Media)
Après les propos polémiques de Wim Wenders, plus de 80 acteurs & cinéastes se disent « consternés » par la Berlinale (Télérama)
