Bienvenue dans cette nouvelle édition de La Veille. Au sommaire aujourd’hui :

📉 TF1 veut renégocier ses contrats à la baisse

Nouveau coup dur pour les producteurs et distributeurs. Lundi 5 janvier, le groupe TF1 a écrit aux principaux producteurs de flux, aux distributeurs cinéma et aux vendeurs internationaux pour revoir les termes de leurs contrats à la baisse.

« TF1 fait face en 2025 à un contexte économique dégradé qui impacte fortement les investissements des annonceurs sur le marché publicitaire, tendance qui s’est accélérée depuis la rentrée. Or notre capacité d’investissement dans les contenus est directement liée à l’évolution du marché publicitaire », écrit Ara Aprikian, directeur général des contenus du groupe TF1, dans un courrier rapporté par Satellifacts. Aprikian demande une révision des conditions commerciales « dans les contrats en cours et à venir », afin de « pérenniser la capacité de TF1 à financer et proposer des programmes premium, en préservant l’équilibre et la qualité de notre collaboration ».

Malgré la forte croissante du chiffre d’affaires publicitaire de TF1+ sur les neuf premiers mois de 2025 (+ 40,5 %), celui du pôle Média de TF1 accusait un recul de 2,2 %. Sur l’ensemble des chaînes, la baisse des revenus était de 7,2 % sur un an, marquée par l’effet post-JO. Une difficulté supplémentaire pour l’audiovisuel alors que France Télévisions doit déjà réaliser un effort de 140 millions d’euros sur son budget 2026.

  • Sur le plateau de Boxoffice Pro jeudi, le président d’Apollo Films François Clerc mettait en garde sur l’évolution du financement des films français en 2026 : « Le plus gros paramètre de cette année, c'est la baisse absolue des revenus publicitaires des chaînes de télé qui vont remettre en cause une partie du modèle ». La remise en question de l’agrément des SOFICA en fin d’année pourrait aussi avoir, selon lui, un impact significatif sur la production.

  • Dans ce contexte, l’annonce de Lidl jeudi d’arrêter la publicité à la télévision française, face à une réglementation jugée trop rigide, a déclenché un petit séisme. Le discounter allemand était le deuxième plus gros annonceur de France, avec 120 millions d’euros bruts investis chaque année. Le ministère de la Culture a immédiatement réagi pour lancer une étude sur « un aménagement éventuel de la réglementation ».

  • La rigidité de la réglementation faisait déjà grincer des dents le patron du groupe M6, qui militait parallèlement en décembre pour l’adoption d’un amendement qui réduirait la contribution des chaînes privées au CNC. Les députés communistes ont déposé la semaine dernière un texte pour supprimer cet article déjà adopté au Sénat.

✝️ Canal+ installe le cinéma chrétien

Les Monty Python dans « La Vie de Brian ». © 1979 Python (Monty) Pictures Ltd.

L’année 2025 fut marquée par les pénibles polémiques autour de Sacré-Cœur, docu-fiction chrétien réalisé par un ancien membre du boys band Alliage, tantôt imposé par certains maires aux salles de cinéma, tantôt interdit par d’autres au motif de la laïcité. Derrière ce film se cache l’émergence d’un genre nouveau en France : le cinéma chrétien, tout droit venu des États-Unis, financé avec le soutien essentiel de Canal+.

D’après une enquête de L’Informé en trois volets, le groupe de Vincent Bolloré a financé une dizaine de films catholiques français en cinq ans, soit la quasi-totalité de la production française, et diffusé une cinquantaine d’œuvres sur les antennes de Canal+. Parmi eux, des films sur la vie de Jésus, des saints ou des papes mais aussi des films anti-avortement comme Unplanned, dont la diffusion sur C8 avait fait grand bruit en 2021 et que la chaîne a rediffusé par surprise juste avant de fermer en 2025.

Du côté de la production, Sacré-Cœur, refusé par TF1, M6 ou Netflix a été sauvé par le préachat de Canal+ et Ciné+ OCS (ainsi que de KTO naturellement). Canal+ avait aussi financé Reste un peu de Gad Elmaleh, sur sa conversion au catholicisme ; Vaincre ou mourir, produit par le Puy du Fou ; le docu Prêtres en confession, acheté par C8 et sorti en salles dans une version remaniée sous le titre Sacerdoce ; ou plus récemment, la comédie religieuse De mauvaise foi, dont le financement fut bouclé par un don de Michel-Yves Bolloré, frère du magnat, habité lui aussi par la foi.

  • Derrière tous ces films, coproduits ou importés en France, se trouve une société : Saje Distribution, née au sein de la Communauté de l’Emmanuel (récemment mise sous tutelle par le Vatican suite à divers scandales).

  • D’ordinaire marginale, Saje est montée en puissance grâce à l’afflux de financements de Canal+ et à la promotion XXL offerte par les médias d’extrême droite Bolloré. En 2025, la société a réalisé près de 800 000 entrées et devrait atteindre entre 3,5 et 4 millions d’euros de chiffre d’affaires.

  • Le modèle de Saje est calqué sur celui d’Angel Studios. À l’origine d’Angel : un outil américain qui permet de censurer tout ce qui n’est pas très catholique sur les plateformes de streaming. Angel est devenu un studio à part entière (Sound of Freedom, The Chosen), coté en bourse depuis 2025, avec 2 millions d’abonnés payants qui peuvent valider les projets à lancer en production.

📬 Les brèves de La Veille

So Press reprend Sofilm. Après la liquidation de son éditeur début décembre, le magazine Sofilm va être intégralement repris par So Press (Society, So Foot). Le groupe, déjà actionnaire à 49,8 %, n'avait « plus de rôle éditorial, de gestion ou de développement depuis 2018 » dans le magazine. Les 50,2 % restants étaient jusqu’ici détenus par des sociétés de Farid et Thierry Lounas, dont Capricci Films. (Écran Total)

Paramount cherche un partenaire pour relancer MTV. Le groupe de David Ellison s’est entretenu avec plusieurs entreprises de l’industrie musicale pour prendre une participation dans la chaîne MTV. Paramount souhaite remettre l’accent sur la musique pour renforcer la programmation de Paramount+. Le groupe veut agir vite afin de pouvoir renégocier avec les fournisseurs de télévision payante en 2027. (Bloomberg)

Trois candidats de Love is Blind saisissent les prud’hommes. Trois participants français de la télé-réalité Love is Blind, produite par ITV Studios France et diffusée sur Netflix, ont saisi le conseil de prud’hommes en dénonçant des « traitements inhumains ou dégradants » pendant le tournage. Près de 150 anciens participants de la version américaine avaient déjà attaqué Netflix pour des raisons similaires. (Le Monde)

Média-Participations entre au capital de Miyu. Le groupe Média-Participations, leader européen de la BD (Dupuis, Dargaud, Kana), troisième éditeur français (Seuil, La Martinière) et propriétaire de la plateforme ADN, prend 25 % du groupe Miyu. Producteur de Linda veut du poulet ! et Anzu, chat-fantôme, Miyu est spécialisé dans la production, la distribution et la vente de films d’animations indépendants. (Le Film Fr.)

de Veille

  • Trois ans après son rachat, Reworld a discrètement arrêté CNET France ; le site, lancé en 2004, ne publie plus d’articles depuis décembre (@lordofnoyze)

  • CMA Media s’allie à YouTube pour y publier 1000 heures de contenus RMC, BFM ou Brut chaque année et y proposer 30 formats originaux (Stratégies)

  • Après l’arrêt de son offre SVOD en juillet, MK2 Curiosity met aussi fin à son offre gratuite et devient une rubrique du média TroisCouleurs (MK2)

  • Le constructeur chinois BYD, leader mondial de la voiture électrique, va investir dans Mediawan, en contrepartie de placements de produits (Variety)

  • Alexandre Israel, responsable des formats longs de CNews, attaque Closer pour l’avoir paparazzé en vacances avec Jordan Bardella (L’Informé)

  • Un nouveau logo pour Gaumont ? Le studio a déposé un nouveau visuel à l’INPI mi-décembre, quinze ans après son dernier changement (@anael_tw)

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