
Bonjour à toutes et tous,
🌟 L’Académie des César a dévoilé la liste des nominations 2026, consacrant Nouvelle Vague de Richard Linklater (10 nominations) et le distributeur Haut et Court (17 nominations pour 4 films). La cérémonie est avancée au jeudi 26/02 pour ne pas se retrouver face aux Enfoirés, « dans un esprit de complémentarité et de solidarité ».
🥊 La difficile distribution des films A24 en France

« Smashing Machine » de Benny Safdie, coproduit par A24 et distribué par Zinc en France.
Avec six des huit prix du Festival de l’Alpe d’Huez remportés samedi dernier, l’année 2026 aurait pu très bien commencer pour le jeune distributeur Zinc (Les Petites victoires, Le Fil). C’est pourtant un tout autre son de cloche que livre son fondateur et dirigeant Jérôme Hilal dans Le Film français cette semaine.
Malgré le « joli succès » d’On ira (505 839 entrées) début 2025, l’année fut marquée pour Zinc par « l’échec retentissant » de Smashing Machine (87 624 entrées), leur plus grosse sortie, « avec de lourdes conséquences ». Zinc fut contraint de céder sa part de coproduction et son mandat de distribution sur La Maison des femmes, qui sortira finalement sous bannière Pathé le 4 mars prochain. Zinc sous-distribuera pour Pathé le nouveau film de la réalisatrice des Petites victoires au premier semestre 2027. Hilal annonce chercher de nouveaux investisseurs pour Zinc, en « démarche de reconstruction » cette année.
L'échec de Smashing Machine, biopic d’un champion de MMA incarné par Dwayne Johnson, est symptomatique de la grande difficulté à sortir les films d’A24 en France. S’il peut paraître absurde de prévoir le succès d’un film par la cote de son studio, le cas d’A24 est un petit peu différent. La société de distribution américaine, qui s'est lancée dans la production en 2016, s’est rapidement distinguée par son marketing singulier, servant autant les films distribués que l’image de marque de la société.
Ainsi, A24 a pu créer des communautés acquises à sa cause, quel que soit le projet proposé, dont l’aura rayonne auprès des cinéphiles du monde entier. La réalité économique est néanmoins différente :
Interrogé dans le cadre d’un mémoire en 2020, Alexis Mas (Condor Films) racontait la difficulté d’acquérir les films d’A24, vendus très chers – « en moyenne entre 500 000 et 800 000 euros » – et très difficiles à amortir pour les distributeurs, qui doivent ajouter les frais d’édition liés à la sortie du film.
Sur la trentaine de coproductions A24 sorties en salles en France depuis 2017, aucune n’a atteint le million. La moyenne se situe autour de 155 000 entrées et la médiane vers 86 000 entrées. Le film jeunesse La Légende d’Ochi, acheté par KMBO pour 250 000 dollars auprès d’A24 (d’après les documents déposés au CNC) a fait 86 375 entrées en 2025, soit la médiane française d’A24.
Parallèlement à Zinc, Metropolitan Filmexport a essuyé un gros échec au box-office en décembre avec Pour l’éternité, comédie romantique fantastique d’A24 avec Elizabeth Olsen, qui n’a fait que 18 962 entrées. Tous les regards sont maintenant tournés vers Marty Supreme, succès d’A24 au box-office américain avec Timothée Chalamet que Metropolitan sortira en France le 18 février.

🔁 Le maintien de Morandini met CNews en ébullition

Jordan Bardella et Jean-Marc Morandini lors d’une interview-promenade en 2021. © D.R.
En 2016, l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur iTélé mettait le feu aux poudres dans une chaîne tendue depuis la reprise en main par Vincent Bolloré. Une grève historique marquera le départ des trois quarts de la rédaction. Dix ans plus tard, le maintien à l’antenne du même Morandini, cette fois définitivement condamné pour corruption de mineurs, harcèlement sexuel et travail dissimulé, met CNews en ébullition.
Alors que l’état-major du groupe Canal+ « assume complètement » son maintien à l’antenne, Sonia Mabrouk, interpellée à l’antenne au sujet de Morandini, a surpris : « J’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais, en aucun cas, ça ne vaut de cautionner cela… qui est d’une gravité réelle. » Pascal Praud et Laurence Ferrari ont suivi.
Tous les partis politiques boycottent Morandini Live, à l’exception du RN… qui a finalement aussi fait machine arrière et interdit à ses élus de s’y rendre. En interne, la sortie de Sonia Mabrouk aurait provoqué l’ire de l’impitoyable patron de CNews, Serge Nedjar, qui a demandé la tête de l’animatrice. Mais le problème est plus vaste :
Si CNews joue habituellement l’unité de façade, les fractures internes sont en réalité plus profondes, notamment liées à la toute-puissance de Nedjar et de ses obsessions (la défense d’Israël, de Trump) qui ne font pas l’unanimité.
Avant Mabrouk, Geoffroy Lejeune, directeur du JDD, et Louis de Raguenel, chef du service politique d’Europe 1, avaient tous deux plaidé devant Serge Nedjar, Gérald-Brice Viret (directeur des antennes de Canal+ France) et Vincent Bolloré pour démettre Morandini. En vain, d’après Le Monde.
Mediapart révèle aussi que le directeur de l’information de CNews, Thomas Bauder, a été condamné fin 2025 à quatre mois de prison avec sursis pour avoir commis des violences sur ses enfants entre 2017 et 2023 (il a fait appel). De quoi s’interroger sur le rapport de Canal+ à la protection des mineurs.
📬 Les brèves de La Veille
Le « bilan famélique » de Rachida Dati. Les syndicats de journalistes n’iront pas aux vœux de la ministre, tombant le même jour que la soirée de mobilisation en soutien au journaliste Christophe Gleizes, emprisonné depuis 214 jours en Algérie. Ils dénoncent son « bilan famélique » dans les médias, obsédée par la création d’une « holding mortifère » pour l’audiovisuel public. « Elle a (heureusement) là aussi échoué » (SNJ)
Année sous haute tension pour France Télévisions. Déjà malmené par la commission d’enquête de l’extrême droite, l’audiovisuel public va faire face en 2026 à une baisse de budget de 86 millions d’euros, dont 80 millions pour France Télévisions. Une répartition qui inquiète : « On récupère 95 % de l’effort alors qu’on représente 50 % des effectifs et 60 % du budget global de l’audiovisuel » (Le Monde)
Le gouvernement liquide l’INC. Le budget 2026 en cours d’adoption confirme la liquidation de l’Institut national de la consommation, créé en 1966, éditant le magazine 60 Millions de Consommateurs ; et ce, malgré un exercice 2025 à l’équilibre. Le magazine, dont l’avenir reste en suspens, comptait près de 80 000 abonnés en 2024 et 20 000 à 30 000 exemplaires vendus en kiosque chaque mois. (CB News)
TikTok censuré aux États-Unis ? C’est le doute qui plane depuis la reprise du réseau social aux États-Unis vendredi dernier par une entité distincte, TikTok USDS, contrôlée par des Américains (mais aussi Xavier Niel). Les médias américains ont soudainement perdu en influence et beaucoup d’utilisateurs n’arrivaient plus à poster au sujet de l’ICE ou de l’affaire Epstein. TikTok USDS évoque des dysfonctionnements. (Libération)
➕ de Veille
Aux États-Unis, la descente aux enfers du Washington Post de Jeff Bezos continue : près de 40 % de la rédaction pourrait être licenciée (Libération)
Pierre Niney appelle à en finir avec les press junket chronophages et propose des grandes conférences de presse façon Cannes (Première via @BBaronnet)
Logical Pictures veut renforcer les synergies au sein de son groupe : sa filiale de ventes Pulsar Content devient Logical Pictures International (Deadline)
L’INA va bientôt commercialiser les archives de CAPA et Mediawan ; et compte 100 000 abonnés à sa plateforme Madelen (Le Figaro)
La plateforme Society+ aurait 8000 abonnés, contre 5000 au lancement – elle avait repris les abonnés Spicee – et vise les 30 000 à terme (Écran Total)
Propriétaire de T18, créancier de Libé, actionnaire de Casino, TF1, Fnac Darty et TotalEnergies : que cherche réellement Daniel Křetínský ? (Le Monde)
